Sweet september
Pourquoi j'aime tellement le mois de septembre alors que c'est le mois de la rentrée, des mômes qui braillent, du retour du douloureux réveil à 6h30 le matin, du déjeuner vite avalé avant de repartir bosser, de la fréquentation obligatoire d'une espèce que j'évite soigneusement le reste du temps, à savoir les instits... Tout cela devrait me faire détester septembre. Et bien non.
J'aime le mois de septembre parce que c'est le mois du retour à soi. Un certain repli, un retour à l'intimité et à la douceur. Le vent frisquet qui vient nous chatouiller le cou le matin, la pluie qui nous ramène à la maison pour vite se faire un thé, enfiler un pull ou des chaussettes. Une certaine paresse aussi, se dire que l'on ne va pas ressortir par un temps pareil alors qu'on est si bien à la maison. S'autoriser un cocooning totalement décomplexé, des litres de thé, du chocolat, des bouquins, des greluches ronronnantes, de la douceur.
Savourer d'autant plus ces week-ends qu'on les a attendus toute la semaine, la petite bulle, le cocon, l'espace où tout le reste n'entre pas. C'est éprouvant, une rentrée. Apprendre alors à se protéger au maximum, à mettre de la distance, à laisser glisser. En théorie ça n'a l'air de rien. Dans la vraie vie, quand on a du mal avec l'agressivité des autres, c'est un sacré challenge... D'où l'importance de cette autre vie, la vraie, celle qui commence après le travail. J'ai la chance de déconnecter au moment où je passe la porte de l'école. Dès que je quitte cet endroit je ne suis plus instit.
Ma vie, la vraie, est un petit bijou sur lequel je veille comme une mère lionne sur ses petits. Mon couple, ma femme, ma maison, mes chats. Rester connectée à tout ça quand ça devient trop violent à l'extérieur. Ne pas oublier d'y trouver mentalement refuge en situation de stress.
J'ai repris la course à pieds ce matin. Sans chrono, sans objectif de distance ou de quoi que ce soit. Gratuitement. Juste pour retrouver mes sensations. Pour retrouver le plaisir que j'avais perdu en cherchant à gagner en vitesse. En essayant d'être à l'écoute de mon corps et non de mon chrono. La différence en terme de vitesse est finalement infime lorsque je cours sans ma Garmin. La différence en terme de douleur physique est, elle, nettement plus palpable quand je tente de gagner 2 minutes.
Je ferai les prochaines séances dans le même esprit. Plaisir, introspection et connexion avec le monde qui m'entoure, le vent, la pluie, les arbres.
L'automne est une merveilleuse saison pour courir.
L'automne est une merveilleuse saison.
