Ciel ma ventouse!
Aujourd'hui, grâce à l'aide de la Sofres, l'Ina et accompagnée de 500 petits chanteurs à la croix de bois (j'ai des sponsors, moi, kestucrois) je réalise ici même une grande enquête planétaire sur le lien entre les gens hyperactifs et l'utilisation de la ventouse accouchatoire. Je sais, ça risque peut-être de ne pas te créer un pont neuronal d'emblée (tu connais le pont neuronal? On y danse on y danse) mais tu vas voir que grâce à mes explications over pédagogiques tu vas tout comprendre même avec ton cerveau lent. Jeudi soir chez mon ostéo qui est merveilleuse ET gentille et on a beeeeaaauucoup parlé, parce que j'ai toujours un grand intérêt pour les choses qu'elles sont mystérieuses et au-delà du réel. Et tandis qu'on essayait de comprendre d'où pouvaient venir mes migraines (je crois qu'elle a trouvé, d'ailleurs) on évoquait aussi mon hyper-activité physique et cérébrale que c'est drôle parce que je l'avais pas quand j'étais petite. Si tu m'as connue quand j'avais 7 ans (et je n'en doute pas) tu te souviens que j'étais une enfant extrêmement sage et posée, passant des heures à lire empêtrée dans ses longs cheveux jusqu'à terre et pleurant discrètement sur la sinistreté de sa vie en écoutant Belle et Sébastien dans son mange-disques.
(Cadeau Bonux: http://www.youtube.com/watch?v=9Hsa0UiuQ2Q )
Vois.

C'est pas un ange, ça, franchement?
(Si tu sais pas c'est quoi un mange-disques, t'es vraiment trop jeune pour traîner ici.)
Longtemps j'ai donc été une enfant sage et (trop) raisonnable, parce que je sentais bien qu'avec mon taré de frère, il n'y avait de toute façon pas de place pour moi et qu'il valait mieux que je me fasse oublier. Ce que j'ai d'ailleurs fort bien réussi. Ici, si tu es psychanalisse, tu peux pleurer parce que c'est quand même un peu triste de vouloir se faire oublier quand on a 7 ans. Et puis ensuite je suis devenue Sophie Marceau dans la Boum. Personne m'aime, vous pouvez pas comprendre toute façon tout le monde s'en fout.
Et ça, ça a duré trèèèèès longtemps. Ouf qu'il y a eu la danse pour exister, ouf qu'il y a eu la philo et la littérature (on dirait pas, à me lire, comme ça avec mon vocabulaire démembrané, mais j'ai été une bête en philo) et ouf qu'il y a eu le violon et les concerts pour exister bis et avoir enfin une reconnaissance. Je sais pas pourquoi je te fais le bilan de fin de parcours de ma vie, d'un coup, peut-être que je sens prémonitoirement que je vais me faire écraser par un cheval au galop tout à l'heure en allant chercher mon tresana au monoprix. Mais tout ça c'était pour dire que de mon vivant je n'avais pas été tellement hyperactive. Tout ce que je faisais (la danse et la musique) c'était juste pour m'échapper du réel.
Et puis de longues années passèrent (tu peux aller faire pipi, le temps que les longues années passent) et un jour, après un travail psy classique dont j'avais besoin pour comprendre le pourquoi du comment du combien, j'ai fait quelques séances d'hypnose qui m'ont menée tout droit vers ma sorcière bien-aimée, peut-être tu te souviens. Paf, choc de ma vie. Je pense qu'aujourd'hui on appelle ça de la thérapie énergéticienne. Ma sorcière bien-aimée, elle est medium et pratique également la médecine orientale. Le jour où je suis arrivée chez elle, il y maintenant quoi, 7 ans, peut-être, j'étais totalement en vrac. Une relation amoureuse chaotique dont je n'arrivais pas à m'extirper, j'étais en pièces détachées et rien n'allait avec rien. Cette séance m'a mise totalement ko (elle m'a immédiatement parlé de ma grand-mère que je venais de perdre alors que je n'avais pas ouvert la bouche, m'a demandé pourquoi j'étais si triste quand j'étais petite), bref, gros choc mais choc salvateur puisqu'il m'a éveillée à moi-même et qu'à partir de là, plus rien n'a jamais été pareil. J'ai appris à me connaître, j'ai réalisé que j'avais un corps (alors qu'avant, tout était intellectualisé au possible) et j'ai commencé à l'habiter. A m'incarner. A prendre racines. C'est comme si mon parcours de vie avait été inversé, et qu'ayant été une enfant avec une conscience bien trop aigüe de la vie et presque trop adulte, je m'autorisais enfin à exister et à ne plus avoir peur d'exprimer cette joie de vivre intense que je taisais avant parce que ce n'était jamais le moment de faire du bruit.
Et c'est là que mon corps a commencé à vivre. Comme si j'avais passé 33 ans sous anesthésie (parce que 33 ans, c'est l'âge où j'ai rené) et que d'un coup je me réveillais et découvrais la vie en vrai. Et je me suis mise à devenir fatiguante. Pour les autres qui souvent ne savent pas comment gérer ce flux d'énergie, ce flux de paroles (...) cette impression que je ne m'arrête jamais. Mais j'ai tant de vie à rattraper! Quand je suis contente, je saute et comme je suis souvent contente, en fait, je suis devenue une sorte de ballon. Tu vois, ça rebondit, ça rebondit. Même moi, ça me fatigue. Et la clé de mon hyperactivité elle est là, je crois, c'est cette joie immense qui fait qu'il faut que ça bouge. Cette envie de ne rien louper, de faire tout ce dont j'ai envie. D'exprimer. Quite à saoûler ...
Alors maintenant bien sûr, j'apprends à gérer ça, sinon ce serait invivable. Mais le fait que mon ostéo me pose ces questions a éveillé cette réflexion en moi. Ce sont mes réponses. Elle, de son côté dit que les ostéos ont une hypothèse, c'est que les gens hyperactifs ont souvent eu une venue au monde difficile. Et elle m'a demandé si je n'avais pas eu droit aux ventouses pour m'extirper du corps de ma mère. Bingo. Je suis un bébé ventouses et il paraît que ces gens là gardent inconsciemment l'impression d'être serrés et à l'étroit, et du coup, ils bougent ils bougent pour essayer de se libérer. Je trouve ça tout à fait juste. D'ailleurs je ne supporte ni les cols roulés ni les pulls ras du cou, j'ai besoin d'avoir la nuque dégagée. Bref, je trouve la réunion de nos deux hypothèses intéressante et ce sont des pistes sur lesquelles je me penche pas mal depuis jeudi soir.
Et j'aime énormément les gens qui travaillent sur le corps ET le mental, chez moi il n'y a que comme ça que ça marche vraiment.
Et du coup (après tous ces blablas, t'as pas soif, toi?) ma grande enquête sofres c'est ça, est-ce que toi aussi t'es hyperactif (ve) et si oui, est-ce que ta venue au monde elle a été rock'n roll comme la mienne?
Maintenant tu peux réfléchir ou demander à tes amis dans la mesure des stocks disponibles, et moi je vais me taire un peu, ça nous fera des vacances à tous.
Bon samedi, je te kisse je te love.