Petit bilan
A quelques jours de la rentrée, lorsque je contemple les deux mois qui viennent de s’écouler, il me semble pouvoir dire sans me tromper que j’ai vécu mes plus belles vacances depuis bien longtemps.
J’ai fini l’année scolaire épuisée émotionnellement, fatiguée des gens, fatiguée du bruit et de l’agitation. J’ai fini l’année scolaire avec une seule envie, être seule, totalement seule pour me retrouver.
Et même si cette solitude était vitale, même si je l’ai voulue de toute mon âme, je me disais qu’il y aurait forcément des moments où la tristesse et la mélancolie prendraient le dessus. J’étais prête à les accueillir, ces moments plus difficiles. J’étais prête et ils ne sont pas venus.
J’avais un objectif: l’écriture. La lecture aussi, puisque l’une ne va pas sans l’autre. Mon objectif de l’été était d’écrire et j’ai atteint cet objectif. Depuis le 3 juillet j’ai écrit tous les jours. Je ne sais pas si je suis satisfaite du résultat mais je suis en tous cas très fière de ma démarche, parce que j’ai fait preuve d’une constance et d’une régularité dans le travail dont je ne me savais pas capable. Ce moment de face à face avec soi-même, dans le silence et tous les possibles de la « page blanche », qui n’est blanche que sur le papier, puisque avant même d’être remplie, elle bruisse déjà de mille pensées, de mille mots endormis qui ne demandent qu’à être effleurés, ce moment de concentration, de plongée à l’intérieur de soi m’a apporté un profond calme, une merveilleuse sérénité et m’a fait immensément grandir.
Les longues heures de course à pieds que je me suis offertes, car il s’agit bien là d’un cadeau, vont exactement dans le même sens. Une lente et longue méditation, en pleine conscience. La conscience de ce qui se passe à l’intérieur et la conscience de la beauté des choses qui nous sont données en permanence, et que nous pouvons toucher du doigt à chaque instant.
Au début des vacances, en décidant de m’offrir cette solitude j’ai en même temps renoncé à toutes les choses auxquelles j’avais peut-être tendance à trop m’accrocher les étés précédents. Peut-être rencontrer quelqu’un avec qui partir en vacances, peut-être avoir des nouvelles de telle ou telle personne. Cet été je n’attendais rien. Je n’attendais rien et tout m’a été donné. Dans une simplicité et une beauté qui me laissent sans voix. Je n’ai jamais été aussi entourée, aussi bien entourée que cette année. Les amies rares et précieuses, celles qui sont là pour de vrai dans ma vie, celles qui sont là depuis longtemps et celles qui viennent d’arriver mais avec qui le chemin parcouru est déjà grand.
Et puis surtout, dans cette plongée intérieure, dans ce grand silence, j’ai rencontré quelqu’un. Une fille vraiment bien, calmée enfin de toutes ses peurs d’avant, capable enfin de regarder ses blessures et ses forces avec un regard juste et clair. Un regard calme et joyeux.
Un puits sans fin de lumière et de joie, de ce regard sans cesse émerveillé et de ce rire étonné qu’ont parfois les enfants ou les très vieilles personnes. Oui, cet été, j’ai rencontré quelqu’un de bien et j’espère bien ne plus jamais la perdre de vue, maintenant.