Samedivin.
Oh le merveilleux jeu de mots très facile mais qui fait quand même plaisir que voilà... Bon mes petits loups, encore une magnifique journée, pas encore finie, certes, mais déjà bien réjouissante...
Elle a commencé un peu après minuit, avec du rire sous couette (variante nocturne du rire sous cape) en écoutant la merveilleuse émission d'Alain Veinstein, "Du jour au lendemain" sur France Culture. J'adore Alain Veinstein. Son calme feutré qui sied si bien au sommeil qui approche, l'intérêt véritable et si rare dont il fait preuve envers chacun de ses invités, et sa grande intelligence qui débouche sur de vraies rencontres, pas les questions-bateaux des interviews lambda, une vraie envie d'aller vers, de découvrir une vraie personne. J'aime ses silences si peu radiophoniques mais si pleins, musicaux, presque ... Bref, ayant écouté successivement cette nuit 3 émissions podcastées, je suis tombée sur celle avec Danielle Mém*oire. Je ne connaissais pas Danielle Mém*oire, mais dès ses premiers mots, ou plutôt ses premiers non-mots, j'ai été envahie d'une tension hésitant entre le fou-rire hystérique et l'énervement exponentiel suivi d'un balançage de mes coussins hors du lit pour me défouler. Il peut m'arriver d'avoir des réactions assez viscérales rien qu'en entendant une voix. Une voix peut me lier à tout jamais ou me donner des boutons au bout de 5 secondes. Et cette voix-là, cette voix de Danielle Mém*oire, ses balbutiements, ses bruits de bouche, ses hésitations de quelqu'un qui a envie de nous donner un mot mais qui finalement change d'avis et le ravale, un peu comme mon chat ravale son vomi, ça m'a fait comme des ongles qui crissent sur un tabeau noir. Et j'ai immédiatement eu envie de connaître son visage, pour savoir quels traits pouvaient revêtir un caractère aussi torturé, anxieux, névrosé, presque. Vous allez me dire, si ça se trouve je me trompe complètement et Danielle Mém*oire c'est la première à se retrouver sur la table et à danser "à la queue leu leu". On sait pas. Mais quand même j'ai des doutes. Et ce qui est terrible, c'est que malgré cette irritation, j'ai été tellement intéressée par les questions d'Alain Veinstein que j'ai écouté l'émission jusqu'au bout, mais en riant sous couette, donc, pour offrir un exutoire à cette irritation. Je suis absolument passionnée quand les écrivains parlent de leur façon d'écrire, de ce qui les inspire, de leur façon de travailler, c'est quelque chose qui me captive entièrement.
Si vous n'avez pas entendu cette émission, elle est disponible ici:
http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/jour_lendemain/archives.php
Cette petite parenthèse culturelle étant faite, voyons donc la suite de cette belle journée. Après un petit tour au marché saupoudré de divers papotages avec des parents (actuels et passés) de gnomes, je suis partie courir, sous le soleil, cette fois, mais un soleil tout à fait supportable. J'ai d'ailleurs une mââââgnifique trace de bronzage dans le dos en forme de débardeur de sport, un peu comme le monogramme Chanel, c'est d'un chic absolu. J'ai couru 1h40 (bizarrement je pensais avoir couru plus longtemps) et contrairement à la dernière fois, j'ai récupéré beaucoup plus vite, ce qui est un grand progrès. Deux rouleaux de printemps et une salade d'agrumes plus tard, je me suis posée sur ma couette pour bouquiner une petite heure avec le chat (qui m'a inspiré un Haiku à deux heures du matin, que vous aurez demain ...) et j'ai ensuite poursuivi ma lecture sur le balcon, avec thé vert à la fleur de cerisier et salade de pêches fraîches avec quelques feuilles de menthe du balcon. Et ce moment là a été absolument divin. Alors que je dégustais mes pêches, j'étais complètement perdue dans la contemplation des arbres en face, et je me suis dit que cet instant était absolument parfait. J'ai eu cette impression absolument délicieuse de goûter une qualité de vie de plus en plus grande, des sensations plus intenses et débarrassées du filtre d'avant qui m'empêchait de les vivre entièrement. L'impression, la sensation, la certitude, presque, de goûter pleinement l'instant. D'être là entièrement, pleinement. Et cette pleine conscience, c'est quelque chose de merveilleux. Alors certes, je ne suis pas dans cet état en permanence, je ne pense pas qu'on vive chacun des instants de sa vie en pleine conscience tout le temps. Ou alors les gens qui le font sont rares. Mais ces moments privilégiés qui sont des cadeaux somptueux augmentent chaque jour. J'ai vécu intensément donc ce moment de calme absolu, cette quiétude pleine à laquelle rien ne manque, cet ici et maintenant absolument merveilleux et lumineux. Comme un sourire intérieur qui ne s'efface pas.
Et cela me rend tellement heureuse, d'avoir fait jaillir de moi cette conscience d'être pleinement vivante, présente et totalement incarnée. Chaque jour qui naît est un pas de plus dans cette approche de la plénitude. Il était là, le sens de mon été, le sens caché de cet immense besoin de solitude. C'était ça, que j'avais à découvrir, et c'est un trésor inestimable.
Je crois que je n'ai jamais vécu d'aussi belles vacances...