Pêche miraculeuse.
Mais tout d'abord, bonne fête papa, bon anniv Françoise Sagan, bon anniv Jean-Paul Sartre et bonjour l'été comment vas-tu depuis l'an dernier, t'as pas trop changé en fait.
Voilà, ça c'est fait, je peux maintenant te conter l'histoire de ma très jolie et très imprévue trouvaille d'hier.
A l'origine était le chaos. Juste un peu après l'origine, aux environs d'hier matin, après avoir renoncé au thé à 10 euros, j'entamai ma quête de la marinière. La marinière, tu sais, la rayée bleu et blanc, qu'on cherche toutes mais qu'on ne trouve plus nulle part, parce qu'on a été bien bêtes aussi de pas garder celle qu'on avait achetée dans les années 80, à l'époque où la marinière, ça se trouvait à chaque coin de rue tout comme les chaussettes jaune fluo et les sarouels, ces ignoblissimes pantalons que tout le monde croit qu'on a fait caca dedans. Et juste là dans ma tête j'entends "Voyage voyage, sur l'eau sacrée d'un fleuve indien". (Et toi, si tu as la joie au coeur, tu peux répondre "Voyage, et jamais ne reviens" ..) Merci de contribuer à cette ambiance de folie du dimanche après-midi.
Bref, je me téléportai tout d'abord chez Petit Bateau, qui, en temps normal, fait de la marinière, et là quelle ne fut point ma déconvenue lorsque la gentille vendeuse un peu souriante mais juste dans les limites du raisonnable m'annonça qu'ils étaient en rupture de stocks de marinières, non solum dans ma petite boutique sed etiam dans le monde entier et ses proches environs. Que si je voulais une marinière, faudrait que j'attende cet hiver et j'en aurais une molletonnée. En même temps, le jour où tu me verras mettre un truc molletonné, hein, le string sera très distingué. (Hommage à Yann Barthès et Pamela Anderson.) A ce propos, je pense très souvent à cette fameuse fille qui dit "Pamela Anderson elle est très distinguée" et je me dis qu'elle doit plus pouvoir acheter son pain tranquille, rapport à son statut de star intergalactique qu'elle a, tout ça pour une misérable petite phrase de rien du tout, mais qui quand même déchire sa mère. Mais revenons à notre douloureux problème de marinière. Je suis une intellectuelle, une vraie, la preuve c'est que j'ai toujours une deuxième idée si la première échoue. Oui, c'est à ça qu'on reconnaît les vrais intellectuels, Kierkegaard, Nietzsche et Francis Lalanne c'est pareil. La deuxième idée, appelée communément idée de secours, c'était donc d'aller chez Cyrillus, qui, heureux hasard, est quasiment à côté de Petit Bateau. Je me permets de préciser ici que je dis Kasiment, pas KOUAsiment. Si tu dis KOUAsiment, merci de venir chercher ta claque et d'arrêter de lire mon blog réservé aux gens qui disent ni KOUAsiment ni voire même.
Hop hop hop, chez Cyrillus, donc, où je trouve une marinière pile comme je veux, mais au rayon homme et en taille 2. Ne m'étant encore jamais demandé si je fais une taille 2 quand je suis un homme, je suis entrée dans une cabine pour en avoir le coeur net. Et ben quand je suis un homme, je fais une taille 1. Et crois moi, j'ai du lutter pour pas prendre cette taille 2 qui était la toute dernière du magasin et qui était douce comme un bébé magneau qui sort de l'oeuf. C'était la plus jolie marinière de toute ma vie mais elle était bien trop grande sous les bras pour le petit homme que je suis. Hélas. Alors la dame m'a dit "essayez sur internet, vous aurez peut-être encore une taille 1, au revoir monsieur, bonne journée. " Mais en narrateur omniscient que je suis, je peux te dire rétrospectivement que sur le site il reste zéro marinière. Ou alors il faut que je me transforme en petit garçon de 5 ans, mais ce soir ce sera au-dessus de mes forces.
[J'en profite donc pour lancer un appel de détresse: Lecteur chéri, lectrice chérie, si dans ta ville il y a un Cyrillus qui a encore des marinières pour homme en taille 1, merci de la prendre pour moi et je t'enverrai un chèque de grande personne avec mon éternelle reconnaissance de grande personne aussi.]
Le coeur lourd et la larme tangente à la perpendiculaire, je sortis donc de chez Cyrillus, et là, je méprise d'un coup les règles de concordance des temps de ce récit, ce qui me vaudrait une bien piètre note si ce blablablog se transformait d'un coup en rédaction. Et là, je me dis, donc, puisque nous sommes au présent, tiens ça fait longtemps que je ne suis pas allée faire un saut dans mon petit dépôt vente, pas pour y trouver une marinière, évidemment, mais par rapport à la question existentielle de l'autre fois, celle de mon anniversaire et du carré Hermès, tu souviens, lecteur?
Je te rappelle, au cas où, que je souhaitais m'offrir un carré Hermès mais que j'y ai récemment renoncé, en raison d'une réticence toute freudienne à dépenser tant de sous pour une personne aussi méchante, aussi pas jolie et aussi mauvaise cuisinière que moi. Et puis là, d'un coup, suite à ma bredouillitude qui faisait pas trop plaisir, j'ai eu l'illumination atmosphérique d'aller voir là-bas, au cas où.
J'attache mon vélo devant la boutique, je pousse la porte, je dis bonjour à la dame et lui demande si à tout hasard, elle n'aurait pas un ou des carrés Hermès, mais vraiment juste comme ça, pour voir, parce que même pas je vais en acheter, d'abord, rapport à ma méchanceté, ma non-joliesse, etc.
Et là, la dame qui est bien plus souriante que la vendeuse Petit Bateau, me dit "ah ben oui, j'en ai deux, des anciens". Et elle me les déplie. Et là, lecteur chéri, lectrice chérie, mon cerveau se connecte direct au grand Tout cosmique où nul pouvoir d'achat ne dicte sa loi, l'oxygène qui circule dans mon sang avec tous les petits globules très jolis il devient léger et pur comme la source claire qui dévale la montagne de Manon des Sources avant sa période Botox, mes mains se désolidarisent du reste de mon corps pour toucher ces sublimes carrés, pour les sentir, pour que je me roule dedans à même le sol tel un jeune chien fou qui mange les pantoufles de son maître adoré. Mes yeux ne voient plus qu'eux, et tu sais pourquoi?
Parce que sur le premier il y a des papillons !!!!



Et parce que le deuxième est rose! Un rose pastel, doux, tendre ...


J'ai essayé de faire mon choix, en y mettant vraiment de la bonne volonté. Je les ai essayés longtemps, mais chacun avait de sacrés arguments en sa faveur, si bien que j'ai été faible. Oh je ne suis pas fière d'avoir été si faible, mais tellement contente ... Les papillons ne pouvaient pas ne pas être à mon cou, et ce rose est tellement délicat ... La gentille dame m'a fait un prix parce que je prenais les deux, alors que le prix de départ était vraiment déjà bien bas, ce qui fait qu'au final, ces deux merveilles m'ont coûté moins cher qu'un neuf ...
Et puis en sortant avec mes deux carrés dans le sac, toute dégoulinante de joie, je me suis dit que je ne m'étais encore rien offert pour mon anniversaire ... (Toi bien sûr tu sais que je me suis offert la divine Eau de pamplemousse rose, du même Hermès, mais chut, ne romps pas la magie de ce moment, s'il te plait...) Alors voilà, je me souhaite un très joyeux anniversaire à titre posthume et je suis très très contente!
Dehors le grand vent de l'apocalypse se lève, c'est le signe qu'il faut que j'arrête de bloguer et que je me mette au travail, parce que ce long récit, c'était aussi un super prétexte pour ne pas préparer ma semaine, qui risque d'être bien stressante avec les 60 bulletins que j'ai accessoirement à remplir d'ici vendredi ...
Belle soirée !